L'occupation allemande

Juin 1940, Bourg-en-Bresse bombardée

Immeubles partiellement détruits par le bombardement
du 16 juin 1940, Bourg-en-Bresse.

Le 16 juin, la ville est bombardée vers 16 h par trois avions ennemis. La douzaine de bombes lâchées vise nettement la voie ferrée et la gare. Les cibles touchées ont été principalement la Tréfilerie où un atelier est détruit, la maison Collomb rue Jean Jaurès, la maison Blanchet faubourg de Lyon, les ateliers Terreau et Blanchet à l'angle de l'avenue du Mail et de la rue de la Citadelle.

Le bilan de ce bombardement est de 13 morts : 6 militaires, 5 civils et 2 personnes non identifiées. Près de 25 blessés légers ont été soignés (Le Journal de l'Ain, 26 juin 1940). Après cet épisode meurtrier, la ville se vide de la moitié de sa population. L'exode des civils est suivi de celui des militaires, contraints d'évacuer vers le centre et le sud de la France.

Les Allemands sont entrés dans Bourg-en-Bresse le mercredi 19 juin 1940 vers 9 h du matin. La ville ayant été déclarée ville ouverte et non défendue, les Allemands ne firent que passer sans occuper massivement les lieux. Aucun incident n'a été signalé. Aussitôt, la population qui avait fui est revenue dans la ville, entre le 25 et le 27 juin. La signature de l'armistice et la délimitation de la zone occupée ont provoqué le reflux des troupes allemandes vers le nord et délivré l'Ain de leur présence.

L'Ain coupé en deux par la ligne de démarcation

Les zones d'occupation en France 1941 - 1943.
Dictionnaire historique de la Résistance, coll. Bouquins, éd.Laffont, 2006.

Les Allemands mettent en place toute une série de mesures pour limiter sur le territoire la circulation des personnes et des marchandises et le trafic postal entre deux grandes zones délimitées par la ligne de démarcation qui sépare la zone dite "libre" où s’exerce l’autorité du gouvernement de Vichy, de la zone occupée par les Allemands.
La ligne de démarcation traverse treize départements sur 1 200 kms : Ain, Allier, Charente, Cher, Dordogne, Gironde, Indre-et-Loire, Jura, Landes, Loir-et-Cher, Pyrénées-Atlantiques, Saône-et-Loire, Vienne.

L'article 2 de l'armistice du 22 juin 1940, prévoit que "pour assurer les intérêts du Reich allemand, le territoire français situé au nord et à l’ouest de la ligne tracée sur la carte ci-annexée sera occupé par les troupes allemandes. Les territoires qui ne sont pas encore aux mains des troupes allemandes seront immédiatement occupés après la conclusion de la présente convention".

L'Ain se retrouve coupé en deux. L'ensemble du département reste en zone dite "libre", mais le Pays de Gex,  frontalier avec la Suisse, est déclaré en zone interdite, sauf une partie de la commune de Lélex (la mairie se trouvant en zone interdite), tandis que 5 ou 6 communes de Haute-Savoie sont incluses à la zone interdite formant une couronne autour de Génissiat, Bellegarde-sur-Valserine, Léaz. 

Le 24 août 1941, ces communes seront rattachées à la zone dite "libre" (puis à la zone d'occupation italienne à partir du 11 novembre 1942).
 

 

L'Ain entre 1940 et 1943. Document Musées départementaux de l'Ain.

Poste de contrôle allemand près de Divonne-les-Bains.
Archives départementales de l'Ain.


La ligne de démarcation suit désormais le cours du Rhône depuis son entrée en France (à Pougny), jusqu'au confluent avec la Valserine, et remonte ensuite le cours de cette rivière jusqu'à sa source.

Ambérieu-en-Bugey, Nantua et Bellegarde-sur-Valserine se trouvent dans cette zone italienne tandis que le pays de Gex reste inclus dans la zone interdite.

Toutes les communes de la zone occupée et interdite dépendent de la sous-préfecture de Gex, qui, elle-même est détachée de la préfecture de Bourg-en-Bresse, et rattachée à celle de Besançon.

Le 11 novembre 1942, après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, l’armée allemande envahit la zone sud. Les camps français sont alors "vidés" et les internés qui s’y trouvent sont déportés.

Le département de l'Ain passe en zone occupée, ce qui entraîne de graves conséquences pour la Résistance intérieure. Le territoire compris entre la rive gauche du Rhône et la frontière italienne est occupé par les Italiens jusqu’au 8 septembre 1943 et devient un refuge pour de nombreux juifs.